// Ministère de l'Intégration Africaine et des Ivoiriens de l'Extérieur
BRÈVES
Forum de la Diaspora 2019: 3ème Forum de la diaspora ivoirienne les 15 & 16 juillet 2019 ayant pour thème le rendez-vous de l'emploi et des opportunités au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire 2019-06-28 | Immigration clandestine: "Nous avons un besoin de sensibilisation en vue du changement de mentalités des Jeunes et d`actions concrètes (Touré Mamadou) 2018-10-25 | CEDEAO: Les Etats de la CEDEAO se réunissent en Sierra Leone pour discuter de la lutte contre le blanchiment d’argent et le terrorisme 2018-10-25

08-07-2020 | 09:27
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PLUS D'INFOS

Le Coronavirus ou en anglais, le Corona Virus Desease 19 (COVID-19), fait des
ravages énormes. Chaque jour, le bilan des personnes contaminées et celles
décédées des suites de cette maladie est en hausse.
Tous les pays se battent comme ils peuvent pour mettre fin à cette épidémie
devenue une pandémie. Dans cette dynamique, quelles sont les actions entreprises
par les organisations d’intégration aussi bien en Europe qu’en Afrique ?
D’abord il est à rappeler que les organisations d’intégration bénéficient d’un
abandon de souveraineté total ou partiel des Etats, et ce, dans plusieurs domaines.
Le secteur de la santé fait partie de ces domaines. En conséquence, face à cette
crise du COVID-19, elles doivent entreprendre des actions concrètes pour épauler
les Etats. Mais leurs actions (ou réactions) est plus ou moins mitigées.
En Europe, lorsque la pandémie a commencé à gagner considérablement du terrain,
la France et l’Allemagne ont d’abord interdit l’exportation des masques et ont
ensuite fermé les frontières. L’interdiction des exportations et la fermeture des
frontières sont deux actes exceptionnels qui doivent être encadrés par l’Union
européenne et être circonscrits dans le temps. La Commission de l’Union
européenne a ouvertement dénoncé ces agissements et a rappelé aux Etats le
principe de solidarité qui doit prévaloir dans ces circonstances graves. Depuis, la
pandémie est également gérée au niveau de l’Union européenne. Ainsi, il a été
décidé, dans le strict respect des textes communautaires de la fermeture de
l’ensemble des frontières de l’Union européenne. La Banque Centrale Européenne
(BCE) a pris la résolution de soutenir les Etats, même si les premières actions
projetées sont considérées comme insuffisantes par le Président Macron.
Régulièrement, les Chefs d’Etat se réunissent par visioconférence pour gérer la
pandémie.
En Afrique de l’ouest, la CEDEAO et l’UEMOA se sont réfugiées dans un mutisme
déconcertant, donc inquiétant. Après l’annulation des différentes réunions, aucune
action concrète n’a été réalisée à ce jour pour aider les Etats dans cette guerre
contre le Coronavirus. Et comme il fallait s’y attendre, les Etats agissent
individuellement, sans concertation au niveau communautaire. Tous les Etats
ferment leurs frontières, d’autres interdisent l’exportation des gels hydroalcooliques
au mépris des règles et procédures de la CEDEAO et de l’UEMOA prévues à cet
effet. Et comme nous sommes dans le domaine de la santé, on pourrait dire la
pathologie (ici, le non-respect des règles communautaires) est devenue normale.
La grande muette, c’est l’Union Africaine (UA). Alors que presque tous les pays
africains connaissent des cas de COVID-19, notre organisation d’intégration
continentale ne bouge pas véritablement. Le 1 er avril, le centre pour la prévention et
le contrôle des maladies de l’Union africaine a dénombré 5087 personnes

contaminées et 172 décès en Afrique. Il ne s’agit pas de faire essentiellement le
décompte des personnes touchées par la maladie. D’ailleurs, les chiffres délivrés par
l’OMS le même jour sont largement différents de ceux du Centre.
On aurait bien voulu, entre autres actions, avoir son avis sur l’utilisation de la
chloroquine. On aurait également bien voulu admirer dans le cadre de la lutte contre
la pandémie, le même engagement que l’UA a affiché lors des négociations pour la
mise en place de la zone de libre-échange continental. Hélas.
Toutefois, La mise en « quarantaine » de certaines organisations régionales
contraste avec les actions de certaines d’entre elles sur le Continent africain.
L’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) basé à Bobo-Dioulasso, au
Burkina –Faso a, selon le Directeur Général qui a animé une conférence de presse
en ligne le mercredi 1er avril 2020, distribué plus de 30.000 kits de tests de
diagnostic aux Etats de l’Afrique de l’ouest. Elle  est aussi en train de procéder à la
distribution de 50.000 kits de transport d'échantillons, de 10.000 équipements de
protection individuelle (EPI) ainsi que des médicaments aux Etats. De nombreux
Etats ont déjà reçu leur part de kits de diagnostic, et toutes les autres formes d’appui
doivent être livrées aux pays par DHL entre le 30 mars et le 7 avril. 
Il est vrai que l’OOAS émane de la CEDEAO et qu’à ce titre, certains pourraient
affirmer que la CEDEAO mène des actions à travers cet organe. Mais la crise n’a
pas que des conséquences sanitaires. Elle engendre des coûts économiques,
humanitaires et sociaux qui doivent être pris en charge par la CEDEAO au niveau
central.
Une autre organisation régionale, notamment, l’Union du Fleuve Mano (UFM),
entend jouer sa partition. L’organisation qui regroupe la Côte d’Ivoire, la Guinée, le
Libéria et la Sierra-Leone va bénéficier de l’assistance d’une banque de
développement islamique dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus. Dans cette
optique, les quatre Etats sont appelés à formuler des projets.
Face à ce tableau pas très reluisant, les organisations d’intégration africaine doivent
prendre l’exemple sur l’UE qui cherche des solutions à l’échelle européenne. Selon
le Ministre de l’Economie et des Finances français, Bruno Le Maire, la solidarité
européenne humaine doit être agissante et totale dans ces moments difficiles, sinon
l’UE ne servirait à rien. Il propose donc l’activation du mécanisme européen de
solidarité, un système qui a été mis en place après la crise financière. Il suggère
également la création d’un fonds européen de réponse à la crise. Enfin, l’UE elle-
même envisage un cadre pour la gestion du chômage partiel. Et pour analyser toutes
ces propositions et bien d’autres, le Conseil européen invite les Ministres des
différents secteurs, notamment ceux de l’économie et des finances à se réunir
régulièrement par visioconférence. Voilà ce qu’on appelle une gestion régionale de la
crise.
«  L’Afrique doit se réveiller et se préparer au pire », a averti le Directeur général
de l’OMS. Les Etats africains ont effectivement pris la pleine mesure de ces propos
et de la gravité de la situation, à en juger par les actions fortes déjà déployées.
Celles-ci doivent être accompagnées par celles des organisations régionales.
C’est l’occasion pour elles de redorer leur blason auprès d’une partie des populations
qui doutent souvent de leur efficacité.

2020-04-04

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDAO); représenté par la commission de la CEDEAO, dans le cadre de l'exécution de son budget 2018, souhaite engager une partie de ses fonds, pour le renforcement des capacités de la Direction de la surveillance Multilatérale, par la sélection de :

  1.  Un spécialiste des comptes publics, chargé de l'harmonisation, de l'adoption et de la mise en oeuvre du cadre de la Comptabilité Publique.
  2. Un spécialiste des finances publiques, chargé de l'harmonisation du care juridique des finances publiques.
  3. Un spécialiste en promotion de projets, chargé de faire la promotion des projets prioritaires de la CEDEAO.
  4. Un spécialiste en préparation de projets, chargé de fournir une assistance technique dans la préparation des projets prioritaires.
  5. Un spécialiste en finance publique, chargés de l'Harmonisation du cadre de gestion de la dette publique.

Pour plus d'informations et de détails veuillez télécharger le document ci-joint en cliquant ici

2018-08-29

Steve Essis, lui-même, pur produit de la diaspora a décidé de rentrer en Côte d’Ivoire afin de mettre ses compétences au service de son pays.

Ainsi, il lance en novembre 2017, avec plusieurs de ses camarades, également diplômés de la diaspora, le réseau ivoirien des diplômés de la diaspora. Le but de ce réseau est de créer un cadre propice au retour des diplômés de la diaspora ivoirienne, faire la promotion des étudiants ivoiriens formés à l’extérieur et promouvoir l’entrepreneuriat jeune en Côte d’Ivoire.

Il faut noter que la création de ce réseau fait suite aux Awards de la diaspora estudiantine ivoirienne. Un événement initié toujours par M. Essis qui a pour objectif de récompenser les meilleurs étudiants ivoiriens formés à l’extérieur et de financer les meilleurs projets des étudiants de la diaspora.

Après une première édition réussie, le réseau ivoirien des diplômés de la diaspora prépare la deuxième édition des Awards de la diaspora estudiantine ivoirienne qui se tiendra an Août prochain.

Soutenu par plusieurs institutions, parmi lesquelles, la Direction générale des ivoiriens de l’extérieur, ce réseau s’inscrit dans la vision du président ivoirien Alassane Ouattara en fournissant les compétences nécessaires à l’émergence de la Côte d’Ivoire.

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Le chef de l’Etat libérien, George Manneh Weah, a assuré le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Jean-Claude Kassi Brou, de sa détermination à œuvrer pour la consolidation de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans l’espace communautaire.

Recevant, le mardi 1er mai 2018, à Monrovia, Jean-Claude Kassi Brou, le président libérien s’est dit préoccupé par les tensions politiques en Guinée-Bissau, en Sierra-Leone et au Togo, pays assurant actuellement la présidence en exercice de l’organisation régionale. 

Nous devrons trouver une issue pacifique à ces tensions, a laissé entendre George Manneh Weah, informant son hôte des discussions qu’il aura le lundi prochain avec son homologue sierra-léonais, Julius Maada Bio, sur la crise parlementaire dans son pays.

« Les acteurs politiques sierra-léonais doivent impérativement dialoguer pour aplanir leurs divergences, afin d’éviter des querelles inutiles ou la guerre. La guerre n’est pas une bonne chose, et les sierra-léonais ne doivent pas retourner à la guerre », a-t-il noté.

Il a félicité Jean-Claude Kassi Brou pour sa nomination à la tête de la Commission de la Cedeao ; et loué l’organisation régionale qui ne ménage aucun effort, a-t-il souligné, pour relever les nombreux défis sécuritaires auxquels sont confrontés ses Etats membres.

De défis sécuritaires dans l’espace communautaire, il en a également été question au cours des différents entretiens que M. Brou a eus avec d’autres personnalités libériennes, notamment le président du parlement, Dr Bhofal Chambers, celui du Sénat, Albert Tugbe Chie, et le Juge en chef de la Cour suprême, Francis Korkpor Sénior.

Celles-ci ont exprimé leur gratitude à leur hôte, et salué la dextérité avec laquelle il conduit la Commission de la Cedeao depuis sa prise de fonction, le 1er mars 2018.

Pour sa part, Jean-Claude Kassi Brou a loué la bonne collaboration entre les responsables des différentes institutions libériennes ; ce qui contribue à la paix dans le pays, a-t-il dit.

Il a saisi l’occasion pour entretenir ses interlocuteurs sur les projets prioritaires de la Cedeao que sont, entre autres, le Tarif extérieur commun (TEC/Cedeao) ; la libre circulation des personnes, des biens et des services ; la création de la monnaie unique de la Cedeao à l’horizon 2020 ;  l’appui aux processus électoraux dans les Etats membres ; l’énergie ; les infrastructures ; les transports ; la promotion du genre ; etc.

« La réalisation de ces différents projets contribuera à l’amélioration des conditions de vie des citoyens des 15 Etats membres de la Cedeao », a précisé M. Brou.

Outre les responsables des principales institutions libériennes, Jean-Claude Kassi Brou a également échangé avec des membres du corps diplomatique accrédités près le Liberia sur des sujets portant sur les défis sécuritaires au niveau régional ; les projets prioritaires de la Cedeao ; l’organisation de l’élection présidentielle dans une demi-douzaine de pays ouest-africains en 2018, 2019 et 2020 ; la sécurité maritime dans le golfe de Guinée de même qu’au Sahel ; la situation politique au Togo, en Guinée-Bissau et en Sierra-Leone.

Concernant la Sierra-Leone, M. Brou a informé les ambassadeurs de sa visite à Freetown la semaine dernière en compagnie du représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Dr Mohamed Ibn Chambas, afin d’aider ce pays à trouver une issue pacifique à sa crise parlementaire.

« Le pouvoir et l’opposition en Sierra-Leone doivent se parler, dialoguer et communiquer », a souligné Jean-Claude Kassi Brou, indiquant que la Cedeao est toujours disponible à aider ses Etats membres à trouver une issue pacifique à leurs différends. 

S’agissant du Togo, il a rappelé à l’assistance la décision du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao, tenu le 14 avril 2018, à Lomé, et relative à la désignation du président ghanéen, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, et du chef de l’Etat guinéen, Prof. Alpha Condé, en qualité de facilitateurs de la Cedeao, avec le soutien de la Commission de l’organisation régionale, pour la résolution pacifique des tensions sociopolitiques auxquelles ce pays est confronté.

M. Brou a également partagé avec ses interlocuteurs les récentes informations ayant trait à la Guinée-Bissau, notamment  la nomination d’Aristide Gomes comme Premier ministre de consensus par le président bissau-guinéen, José Mario Vaz, la tenue des élections législatives, et l’ouverture du parlement bissau-guinéen.

Il a en outre informé l’auditoire de la réunion conjointe de haut niveau des ministres de la Sécurité et de ceux chargés de l’Elevage de la Cedeao, du Cameroun, du Tchad, de la Mauritanie et de la Centrafrique sur le pastoralisme et la transhumance transfrontalière, tenue le 26 avril 2018, à Abuja, au Nigeria ; et destinée à trouver des solutions durables aux conflits qui s’intensifient plus en plus entre éleveurs et agriculteurs en Afrique de l’Ouest et dans d’autres régions africaines.

 

Cette rencontre a, par ailleurs, permis M. Brou de remercier et de féliciter les organisations et les missions diplomatiques accréditées auprès du Liberia pour leurs efforts inestimables dans la restauration et la sauvegarde de la paix dans ce pays. 

Le doyen du corps diplomatique au Liberia, l’ambassadeur du Cameroun, Augustine Gang Beng’yela, a remercié le président de la Commission de la Cedeao pour s’être entretenu avec lui et ses collègues, et l’a félicité pour son initiative de les associer à la recherche de solutions aux problèmes qui entravent le développement de l’Afrique de l’Ouest.

Peu avant son entretien avec les membres du corps diplomatique, M. Brou a rendu une visite de courtoisie au coordonnateur résident des Nations unies et représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Liberia, Yacoub El Hillo.

A noter que pour ses diverses rencontres à Monrovia, Jean-Claude Kassi Brou avait à ses côtés son représentant résident au Liberia, l’ambassadeur Tunde Ajisomo, et le directeur de la Communication de la Cedeao par intérim, Liberor Doscof Aho.

2018-05-08
DOSSIER : MIGRATION IRRÉGULIÈRERE

Pendant que les regards sont tournés vers Daloa, ville ivoirienne identifiée  comme le point de recrutement et de départ des candidats à l’émigration clandestine vers l’Europe ;  Yamoussoukro, capitale politique et administrative du pays, est le véritable épicentre de ce phénomène ravageur.

En effet, cette ville est la plateforme de transit des migrants qui partent de la Côte d’Ivoire pour  la mer méditerranée avant de rejoindre les côtes européennes. Le transbordement se fait par le canal de la société Sonef, une compagnie de transport  installée à Yamoussoukro dont les responsables disent ignorer les vraies intentions de leurs différents passagers.

Le dimanche 1er octobre 2017, nous nous faisons passer pour des aventuriers. Des personnes contactées  nous informent qu’il n’y a que la compagnie de transport Sonef qui rallie la Côte d’Ivoire à la ville d’Agadez située dans le nord du Niger. Le voyage dure 24 heures au maximum, nous apprend-on. Le ticket pour la liaison directe Yamoussoukro-Agadez  est à  52.000 fcfa.  Les départs ont lieu  tous les jours  à partir de 6h du matin.

Il y a également la possibilité de descendre à Niamey, la capitale du Niger, à 35.000 fcfa, avant  d’emprunter un autre véhicule pour Agadez à 24.000  fcfa. Soit, un total de 59.000 fcfa.  La première option est celle qu’utilisent les réseaux d’émigration clandestine vers l’Europe.

UN TRAFIC QUI RAPPORTE GROS À DES RÉSEAUX MAFIEUX

Une source au fait du réseau mais qui a requis l’anonymat, pour des raisons évidentes de sécurité, nous informe que les migrants proviennent de diverses localités de la Cote d’Ivoire. Entre autres, de  Daloa, Soubré, Divo, Abidjan, San-Pedro etc.  Ils arrivent souvent par convois via  minicars de transport en commun communément appelés « Massa ». « Les rabatteurs font les recrutements dans les autres villes, mais les migrants passent presque tous par Yamoussoukro. C’est ici qu’ils viennent prendre les cars qui se rendent directement au Niger », indique notre source. Avant de lancer discrètement à un jeune homme, candidat, à l’émigration clandestine : « Si vous voulez aller en Libye, il vous faut avoir un réseau. Il faut connaitre quelqu’un qui va vous conduire d’Agadez en Libye où il faut avoir aussi un passeur qui va vous faire traverser la mer.  Il y a des malhonnêtes certes, mais si vous connaissez des gens, il n’y a pas de problème ».

A quelques pas de nous, un individu tente en vain de dissuader un migrant clandestin de s’en aller vers l’inconnu. Il lui raconte même la mésaventure de sa cousine bloquée à Bamako (Mali).  « Ma cousine Awa a été abordée par un homme à Abidjan qui a promis de l’envoyer au Qatar. Pendant son escale à Yamoussoukro, elle m’a appelé pour me dire qu’elle se rendait au Mali avec un “vieux père“.

De Bamako, elle devrait rejoindre le Qatar comme promis. A sa grande surprise, elle a trouvé  d’autres jeunes filles qui attendaient dans un hôtel à Bamako. Elles y ont été rassemblées par cet homme qui se faisait passer pour son “vieux père“. Elle a constaté que ce dernier n’avait pas de pratiques claires parce qu’il leur a arraché leurs documents. Un jour, elle nous a appelés un jour pour nous dire qu’elle est servante au Koweit. Mais depuis lors, nous n’avons plus de ses nouvelles». 

Le témoignage de cet homme qui tente de décourager le jeune homme, candidat à l’émigration clandestine, montre  clairement qu’il s’agit de réseaux clandestins bien organisés.  EnCôte d’Ivoire,  ces réseaux ont des représentants à Abidjan et dans certaines  villes du pays. Ceux-ci sont chargés d’aborder  les candidats.  Ils leur font miroiter l’eldorado en Europe ou dans les pays du Golf.  L’émigration clandestine vers l’Europe se fait en plusieurs étapes. 

Après le recrutement, les migrants sont convoyés de la Côte d’Ivoire jusqu’à Agadez, ville située dans la partie septentrionale du Niger, plaque tournante du phénomène. Dans cette localité, selon nos sources, se trouvent des intermédiaires  qui hébergent  les candidats à l’émigration clandestine, en attendant le jour de leur départ vers la Libye ou l’Algérie.

Ces intermédiaires ou passeurs sont appelés « Yantchaga » qui signifie « passeurs » en haoussa, langue parlée au Niger.  Ces passeurs sont souvent des ex-combattants en Libye ou d’anciens migrants.  La deuxième étape consiste à rallier Sebbah, la première ville du sud de la Libye. La troisième étape est de quitter Sebbah pour Sebratha  ou d’autres villes du nord de la Libye.

Et enfin la quatrième étape est la traversée de la mer méditerranée pour atteindre les régions de Lampedusa et de Sicile  en Italie. A chaque niveau, il y a des passeurs qui proposent leurs services payants aux migrants clandestins.

LE RÈGNE DES PASSEURS ET LES «MAISONS DE CRÉDIT»

Le déplacement d’Agadez à Sebbah,  long d’environ 1500 km, se fait soit en pick-up, soit en camion. Les tarifs varient en fonction des véhicules. Mais le migrant doit  débourser au moins 150.000 fcfa.   Les migrants sans argent à partir d’Agadez sont pris en charge par les « Yantchaga » qui règlent le transport pour ceuxci. Une fois à Sebbha,  les migrants sont conduits  dans des « Guidan Bashi » qui veulent dire  « maisons de crédit ». 

Le responsable de cette maison qui héberge les migrants en Libye rembourse les frais du transport aux chauffeurs. A son tour,  il fait appeler les  familles des migrants dans leurs pays d’origine pour se faire rembourser tout en montant les enchères. Un fait que nous confirme un gérant de cyber-café  à Yamoussoukro dont la famille a été victime d’un cas similaire.

« Nous avions un cousin qui faisait son petit commerce à Yamoussoukro. Soudain, il a disparu. Près d’un mois après, il  a appelé sa mère d’un pays étranger pour lui dire qu’il était entre les mains de ravisseurs qui lui réclament 200. 000 fcfa avant de le relâcher. Sa mère apeurée  lui a expédié l’argent», a-t-il expliqué. Lorsque la famille ne s’exécute pas, le surveillant du “Guidan Bashi“, pour rentrer dans ses fonds, vend le migrant, tel un esclave, sur le marché du travail. 

Les migrants qui ne doivent pas aux “Yantchaga“ sont quant à eux remis à d’autres passeurs qui vont les convoyer jusqu’aux villes du nord de la Lybie dont Sébratha où se trouvent également des relais qui se chargent de la traversée. A ces derniers, il faudra verser une somme variant entre 1000 et 3000 dollars  soit entre 500.000 fcfa et 1.500.000 fcfa. La traversée de la méditerranée se fait sur des embarcations de fortune. Ce n’est pas tous les jours qu’il y a des départs.

Les passeurs attendent des périodes favorables avant de lever l’ancre. L’attente peut prendre plusieurs jours voire des semaines.

DES TÉMOIGNAGES ÉMOUVANTS DE MIGRANTS SUR LA TORTURE EN LYBIE

Si certains migrants parviennent à atteindre l’Europe après la traversée périlleuse de la méditerranée, d’autres périssent en mer. Ou même dans le désert. Des personnes rencontrées à Yamoussoukro qui sont en contact permanent avec des correspondants  au Niger et en Libye nous ont révélé que le parcours Yamoussoukro-AgadezSebbah-Sébratha-Lampedusa via la méditerranée constitue un véritable enfer pour les migrants. 

La soif, la faim, la torture, la prison,  l’esclavage et la mort sont les réalités qu’ils côtoient. Parmi  les passeurs figurent parfois des bandits de grands chemins recherchés par les forces de l’ordre. Pour échapper aux patrouilles de l’armée et aux postes de contrôle des forces de l’ordre du Niger et de la Libye qui les dépouillent aussi de leurs biens, ils empruntent des voies détournées.

D’Agadez à la frontière libyenne, en empruntant la route normale, le migrant  doit prévoir, en plus du coût de transport, la somme de 30.000 fcfa  correspondant à des frais supplémentaires à payer aux différents postes de contrôle  sur ce tronçon de 1150 km.

Cette situation en rajoute aux souffrances des voyageurs qui doivent affronter la chaleur et la poussière du désert et parfois le froid insupportable. Sans oublier la soif et la faim qui sont au rendez-vous. Souvent,  les convois font l’objet d’attaques de  bandes armées qui exigent des rançons aux familles des migrants qu’ils kidnappent.  Selon les médias nigériens, 44 migrants issus de divers pays ouest-africains ont été retrouvés mort dans le désert, le 21 mai 2017. Le 25 juin de cette année, soit un mois plus tard, 20 autres migrants ont pu être secourus.

Ceux-ci faisaient partie d’un convoi de 70 personnes dont 50 sont portées disparues.  « Nous savons que nous ne pouvons plus traverser la méditerranée puisque les Ong ne veulent plus nous aider. Nous sommes au courant de ce qui se passe en ce moment en mer. Quand j’étais en prison, nous avons vu des migrants arriver. Ils étaient dans la même cellule que nous.

Ils nous ont expliqué qu’ils étaient en méditerranée, et que les garde-côtes libyens, qu’on appelle “Asma boys“, les ont récupérés. Ils leur ont dit qu’ils allaient les aider à rentrer chez eux, qu’ils les ramèneraient à l’aéroport.  Mais à leur grande surprise, ils se sont retrouvés en prison. Des messieurs sont venus les voir et ils ont été vendus. Quand les garde-côtes libyens nous récupèrent en mer, ils ne nous renvoient pas dans nos pays. Ils nous vendent depuis des prisons à Sabratah et à Tripoli.

Il vaut mieux mourir en méditerranée que de vivre dans ces prisons où chaque matin vous êtes battu, maltraité. Ils branchent le courant électrique sur vous. Beaucoup n’arrive pas à supporter la douleur… Quand ils sentent que vous voulez mourir, ils vous emmènent dans le désert et ils vous abattent », rapporte un migrant clandestin ivoirien, rescapé, de l’enfer libyen. Avant d’ajouter que la torture est le lot quotidien des migrants qui tombent aux mains des militaires libyens.

1073 IVOIRIENS MORTS EN MER DE JANVIER À CE JOUR

Un jeune camerounais bloqué en Lybie que nous avons eu au téléphone grâce à un contact témoigne également. «Ils nous obligent à faire des travaux forcés sans salaire. Nous sommes exposés à de graves dangers. A la fin, beaucoup de migrants décèdent parce que les Libyens ne veulent pas les conduire dans les centres de santé. Je ne peux pas vous décrire tout ce qu’il se passe ici en Lybie. Moi, un homme est venu me chercher dans la prison où j’étais à Sabratha. C’est comme ça que ça fonctionne. Les Libyens viennent vous acheter directement dans des prisons pour vous faire travailler dans des fermes, souvent en plein désert. Il m’a emmené avec lui pour que je travaille dans son champ de pommes de terre. Une fois arrivé sur place, j’ai réussi à m’enfuir pendant qu’il parlait avec un autre Libyen. Je me disais : « S’ils veulent me reprendre, ils devront me tuer ». J’ai couru longtemps, j’avais mal aux pieds. Je me suis caché au bord de la route. J’entendais les voitures qui passaient à toute vitesse. Quand je suis sorti de ma cachette, j’ai croisé un homme noir. Je lui ai demandé de l’aide. Il m’a emmené chez lui, m’a donné à manger.

Le lendemain, il a arrêté un camion qui allait vers Sabah. C’est comme ça que je suis arrivé ici. J’ai rencontré un groupe d’Ivoiriens. Ils m’ont dit que eux aussi, ils avaient été vendus. Ils m’ont pris avec eux. Nous vivons  avec une quarantaine de personnes dans une maison en chantier à Sabah. Nous travaillons tous pour un Libyen. Il ne nous paye pas, mais il nous donne à manger et il nous loge. Cela fait déjà trois ans que je suis ici.

J’aimerais aller en Europe. Cela fait des mois que j’attends de pouvoir traverser la méditerranée. Mais je n’ai pas assez d’argent. Je mourrai ici. Même si j’arrive à monter dans un canoe, je pense que les garde-côtes m’arrêteront en mer et ils me vendront », a-t-il relaté. Ce jeune camerounais dit vouloir quitter cet enfer. Il s’est confié, en août dernier, à une Ong de lutte contre l’émigration clandestine pour ce faire.

Comme lui, un jeune ivoirien qui a réussi à franchir la méditerranée pour atteindre l’Europe ne souhaite pas que les candidats à l’émigration emprunte le chemin de la mort. «Je ne peux pas vous dire ce qui se passe en Libye. Par la grâce de Dieu, j’ai pu m’en sortir.  Je ne conseille pas cette aventure  que j’ai vécue à quelqu’un d’autre », a-t-il répondu  pendant que nous échangions avec lui sur Facebook en compagnie de  l’un des ses frères vivant en Côte d’Ivoire.  

« Mon frère s’est retrouvé en Europe par miracle. Nous avions cru qu’il était mort. Parce que son compagnon de route qui est arrivé à bon port avant lui, nous  a dit que leur bateau avait chaviré. Plusieurs mois, plus tard, il nous a joints pour nous dire qu’il était en vie. Il nous a informés que leur embarcation avait fait un naufrage dont il fut un des rescapés», nous explique le frère vivant à Yamoussoukro Selon les statistiques d’organisations de lutte contre l’émigration clandestine,  la Côte d’Ivoire est passée de la 10ème à la 4ème place des pays dont les ressortissants traversent la méditerranée pour l’Europe.

De janvier 2017 à ce jour, l’on a enregistré 1073 migrants ivoiriens naufragés, dont des femmes et des enfants. Et toutes ces personnes empruntent  le chemin de la mort. A savoir l’axe Yamoussoukro-Niger-Libye Méditerranée.

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  • Plus de 300 filières d'immigration clandestine démantelées en 2017

    Un record de 303 filières d'immigration clandestine ont été démantelées en 2017, soit une hausse de 5,9% par rapport à 2016, selon une information du «Figaro». En six ans, de 2011 à 2017, le nombre de filières démantelées a grimpé d'environ 67%. Les services de police et de gendarmerie ont démantelé en 2017, 139 filières d'aide à l'entrée et au séjour irréguliers contre 118 en 2016. Viennent ensuite les filières de travail illégal (62), d'usage de faux (35), d'obtention indue de documents administratifs (32), de reconnaissance indue d'enfants (21), d'usurpation d'identité (12) et d'organisation de mariage de complaisance (2). Les principales filières d'immigration clandestine sont issues d'Irak et de République démocratique du Congo, suivies par la Chine, le Maroc et l'Albanie, a détaillé la source citant un bilan de la Police aux Frontières.

  • La Côte d’Ivoire s’approprie le MASA : Le Masa devient le Marché des arts et du spectacle d’Abidjan

    Le Pr Yacouba Konaté a, dans sa communication, apporté quelques précisions concernant le Masa : « La première information que j’aimerais donner concerne le sigle du Masa. Depuis la dernière réunion du conseil d’administration tenue à Abidjan à la fin du mois de septembre, il est convenu que le Masa qui était jusqu’à présent le Marché des arts et du spectacle africain devient le Marché des arts du spectacle d’Abidjan. Cela pour souligner l’appropriation ivoirienne qui est faite depuis l’avènement du ministre Maurice Bandaman aux affaires, mais aussi pour saluer l’implication du District autonome d’Abidjan dans le budget de la manifestation. En cela, nous ne faisons que reproduire le schéma qui a déjà cours au Fespaco dont le O désigne Ouagadougou. Et qui dit Dak’art, dit Dakar », a fait savoir le directeur général du Masa qui a aussi annoncé le thème retenu pour le rendez-vous de 2018. « Un rendez-vous qui portera sur le thème : Quel modèle économique pour les arts de la scène ? ».

  • Côte d’Ivoire/ Les ambassadeurs des Etats de la CEDEAO se félicitent de « l’excellente » collaboration avec les autorités ivoiriennes

     Les ambassadeurs, chargés d’affaires et consuls des pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, en poste en Côte d’Ivoire (CEDEAO), saluent l’excellente collaboration avec les autorités ivoiriennes, tout en souhaitant le solutionnement  des désagréments causés à l’ensemble des ressortissants de l’espace par l’opération d’identification lancée dans le pays. 

  • Atelier de formation des Cadres et Agents du MIAIE sur le thème

    La gestion axée sur les résultats(CAR), le suivi et l’évaluation des actions de réinsertion des ivoiriens de l’extérieur dans le cadre des projets et politiques publiques. 

  • Benyamin Netanyahou, invité spécial du 51ème Sommet de la Cedeao
    Les chefs d’Etat ont noté la disponibilité manifestée par le gouvernement israélien d’apporter son appui à la Cedeao.
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